Comment aider son enfant à ne pas céder aux achats émotionnels

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Les enfants ne naissent pas avec une bonne gestion de l’argent. Comme les adultes, ils peuvent être tentés d’acheter sous le coup de la frustration, de la colère ou de la déception. Or, ces achats impulsifs mènent souvent… à encore plus de frustration.

C’est justement ce qu’a vécu ma fille récemment. Une situation du quotidien, banale en apparence, mais qui nous a permis d’aborder en douceur des notions essentielles : la patience, le recul émotionnel et l’intelligence financière.

Une épargne bien construite, pour un achat… raté

Pendant plusieurs semaines, ma fille a économisé pour un jouet qu’elle convoitait depuis longtemps. À chaque petit revenu reçu, elle choisissait de garder, d’attendre, de compléter sa cagnotte.

Elle a fini par réunir 65 euros. Le jour venu, elle a fait un choix intelligent : acheter un modèle à 45 euros, et mettre 20 euros de côté pour un autre projet.

Ce simple geste montrait déjà :

  • Sa capacité à planifier,
  • Sa patience face à la gratification immédiate,
  • Une autonomie financière en construction.

Mais une fois le jouet payé et déballé dans la voiture… la déception.
Le produit ne ressemblait pas à ses attentes :

  • La qualité était médiocre,
  • L’apparence différente de ce qu’elle avait imaginé,
  • Le rapport qualité-prix très décevant à ses yeux.

Résultat : elle était en colère. Contre le jouet, contre le magasin… mais aussi contre elle-même pour avoir dépensé l’argent qu’elle avait mis tant de temps à économiser.

L’envie de compenser : quand l’émotion pousse à acheter

Après cet épisode, nous sommes passées devant Claire’s, son magasin favori.

Elle m’a dit :
« Si j’avais su, j’aurais gardé mon argent pour m’acheter quelque chose ici. »

Elle tenait ses 20 euros restants… et voulait les dépenser tout de suite.

Mais ce désir n’était pas réel. Il était motivé par :

  • Une envie de compenser la frustration,
  • Un besoin inconscient de se réconforter,
  • Une émotion désagréable à effacer par un achat.

Ce qu’on oublie souvent : nos émotions influencent nos décisions d’achat

À ce moment-là, je lui ai expliqué qu’il est naturel d’avoir envie d’acheter pour se consoler.
Mais que ce n’est jamais une bonne idée de faire un achat sous le coup d’une émotion forte.

Quand on agit de cette façon, on ne prend pas le temps de se demander :

Question à se poserObjectif
Est-ce que j’en ai vraiment besoin ?Éviter d’acheter juste pour combler un vide
Est-ce que je vais l’utiliser souvent ?Vérifier la pertinence de l’objet
Est-ce que cet achat est en lien avec mes objectifs ?Rester aligné avec ses choix à long terme

Résultat : l’achat n’apporte que satisfaction temporaire, culpabilité et parfois regret. L’argent est dépensé, mais le malaise reste.

Une soirée d’attente qui a tout changé

Je lui ai proposé de ne rien acheter tout de suite, et de voir comment elle se sentirait le lendemain.

Et le lendemain matin, elle me dit simplement :
« En fait, j’ai plus envie d’acheter quelque chose. »

Elle avait repris le contrôle.
Elle a gardé ses 20 euros, et a même décidé de mettre encore de l’argent de côté pour compléter son jouet, au lieu de le remplacer sur un coup de tête.

Pourquoi cette leçon est essentielle

Si nos enfants ne comprennent pas que leurs émotions influencent leurs décisions d’achat, ils risquent de développer des comportements risqués à l’âge adulte :

Comportement émotionnelConséquences possibles
Acheter pour se consolerEndettement, frustration
Dépenser sans réfléchirManque d’épargne, achats inutiles
Réagir sans reculDifficultés à gérer un budget

Apprendre à faire une pause, à identifier ce qu’ils ressentent, et à reconnaître les achats dictés par l’émotion, c’est leur offrir une vraie compétence de vie.

Observer avant d’intervenir

Ce qui a tout déclenché, ce n’est pas ce que j’ai dit.
C’est ce que j’ai observé.

J’ai vu qu’elle voulait acheter, non pas par envie réelle, mais parce qu’elle était déçue.
En prenant le temps de la regarder agir sans juger, j’ai pu lui poser les bonnes questions au bon moment.

Sans cette observation :

  • J’aurais pu croire qu’elle avait une nouvelle envie réelle,
  • Ou bien la gronder en pensant qu’elle ne savait pas gérer son argent.

Mais en réalité, elle avait juste besoin d’un peu de recul.

Guider, pas imposer

Je n’ai pas interdit cet achat.
Je ne lui ai pas dit non de manière autoritaire.
Je lui ai proposé d’attendre. Rien de plus.

Et si elle avait voulu acheter malgré tout ? J’aurais respecté son choix.
Parce que c’est son argent, son expérience, sa leçon à tirer.

Notre rôle n’est pas de tout contrôler.
C’est de proposer un autre regard, d’accompagner la réflexion, sans la forcer.

Ce qu’il faut retenir

  • Les achats dictés par les émotions ne répondent pas à un besoin réel.
  • Apprendre à reconnaître ses émotions avant d’acheter est une compétence précieuse.
  • Les enfants ont besoin d’être guidés, pas contrôlés, pour tirer leurs propres leçons.
  • L’observation attentive permet d’intervenir avec justesse.
  • L’éducation financière se construit dans les moments du quotidien, pas dans des grands discours.

En conclusion

Ce genre de situation banale — un jouet décevant, une envie d’achat impulsif — peut devenir un véritable terrain d’apprentissage. Il ne s’agit pas de faire de grands cours de finance à nos enfants, mais de les aider à construire un rapport sain à l’argent.

Et cela commence par une chose toute simple : prendre le temps de les observer, d’en parler, et de leur faire confiance.

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